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Retour d’expérience : ma recherche d’emploi en Colombie.

Vous avez pour projet de vous installer en Colombie et d’y chercher du travail ? Accrochez-vous bien. Je vais vous parler de mon expérience, de mes choix et des obstacles que j’ai eu à traverser. Autant vous prévenir, cela n’a pas été un parcours de santé pour moi. J’ai donc des sentiments très mitigés sur la question mais j’essayerai de vous expliquer au mieux ce par quoi je suis passé. Cet article est assez personnel, cependant certains s’y reconnaîtront surement et d’autres y prendront peut-être des conseils précieux. Bonne lecture.

Lire aussi : Caractéristique de la recherche d’emploi en Colombie.

Le contexte de ma recherche d’emploi

Pour mieux comprendre les étapes que j’ai dû traverser, je vais vous parler un peu de moi. J’avais comme projet de m’installer en Colombie depuis longtemps. Ma copine est costeña (une colombienne de la côte caraïbe), et je parle déjà très bien l’espagnol. Pas de problème de langue, un obstacle en moins. Je pars donc en Colombie quelque temps après l’obtention de mon diplôme. J’ai un master d’école de commerce en finance / business développement. Je me dis donc que c’est plutôt cool et que dans moins de 2 mois j’aurais un super job. J’étais loin du compte.

A côté de ça j’ai fait quelques stages ainsi que mon alternance dans une multinationale. J’ai déjà passé 1 an en Colombie, fait des voyages, du sport mais jamais d’associatif. Bref je suis un français moyen, mais pas le plus con. Je suis surtout très optimiste sur ma recherche d’emploi en Colombie.

Je vais axer cette recherche sur 2 choses.

Premièrement, chercher un contrat V.I.E. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un contrat passé avec une entreprise française pour travailler à l’international. Ce contrat est possible jusqu’à l’âge de 28 ans pour les Français. Ce type d’emploi, c’est un peu le Graal. Tous les avantages de la France mais à l’étranger : les congés, l’assurance maladie, la cotisation retraite, le salaire etc.… et bien sûr tous les candidats qui s’arrachent les offres. Pas évident. Mais bon, j’ai déjà vécu en Colombie, je parle espagnol, Quien sabe ? Ça peut le faire.

Deuxièmement, trouver un emploi colombien. C’est-à-dire chercher une entreprise colombienne ou une multinationale présente à Bogotá, et signer un contrat colombien. Cela me  permettra l’obtention du visa travail qui m’autorisera à rester sur le territoire le temps de mon contrat. Je me dis que je vais chercher en Finance : cela paye bien et cela valorise mon diplôme. Les inconvénients de cette solution se trouvent dans le type de contrat. Eh oui, c’est un contrat Colombien. C’est-à-dire bien plus « à la dure » qu’un contrat en France : peu de vacances, semaine plus longue, pas de congés payés, etc.

Alors c’est vrai, j’aurais pu faire comme beaucoup et aller travailler dans le tourisme, être traducteur ou trouver un job dans une auberge de jeunesse. Mais je ne suis pas là pour un plan vacances ni en road trip. Je suis là pour faire un bon bout de ma vie en Colombie (bien plus que juste quelques mois) et donc avoir un travail comme celui que j’aurais pu avoir en France. Certains pourront critiquer cela, cependant mes parents ont payé cher mon école et ça m’aurait fait mal pour eux et pour moi de ne pas en faire quelque chose.

De plus je pars avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je n’ai que 3 mois de séjour autorisé en Colombie. Je peux éventuellement le prolonger 3 mois de plus.

Lire : Comment rester 180 jours en Colombie sans visa.

Mais passé ce délai je ne pourrai plus rester en Colombie. J’ai fini par prendre un PVT pour être plus tranquille (Comment j’ai obtenus mon PVT). Ce contrat me permet de rester et travailler sur le territoire Colombien pendant 1 an.

Les problèmes de la recherche d’emploi en Colombie

Nous allons maintenant voir où se trouvent les grandes difficultés pour un Français qui cherche un travail en Colombie.

La Colombie, ça marche beaucoup au relationnel. Mais du coup si vous ne connaissez personne, c’est plus compliqué. Ce qui est souvent le cas des Français. S’il y a un poste de disponible, ils ne vont pas chercher le plus compétent si le fils, le cousin ou l’ami de je-ne-sais-pas-qui dans la boîte cherche aussi un boulot dans le même secteur. Si vous ne connaissez personne, vous allez galérer. C’est ce qu’on appelle la « palanca« , qui veut dire piston.

Une autre de mes grosses difficultés en Colombie a été mon manque d’expérience. C’est ce qui est le plus valorisé en Colombie, le diplôme l’est beaucoup moins. En France j’aurais pu aller faire le malin avec mon master d’école de commerce mais ici c’est beaucoup plus difficile. J’ai très peu d’expérience alors que les Colombiens, eux, obtiennent généralement leur master plus vieux et ont entre-temps des expériences significatives.

J’ai pu noter que les Colombiens n’aiment pas dire non. Ils préfèreront ne plus répondre, ou inventer un prétexte. Donc je me suis souvent retrouvé face à des silences radio ou à des excuses loufoques. Certains réapparaissent après des mois quand le moment les arrange plus qu’avant. Gardez cela à l’esprit lorsqu’on vous fera plein de belles promesses.

Ensuite il faut trouver les bonnes offres. En tant que français, je ne voulais pas me retrouver avec un salaire trop bas. Et ça, c’est très compliqué. Les salaires en Colombie sont très bas, même pour les Colombiens. C’est comme ça, ça paye mal. J’ai pu remarquer qu’en gros, pour chaque année d’expérience dans ton domaine, tu pourrais demander environ un million de pesos (300€ mas o menos).  Tu vois une offre qui paye 3 millions de pesos ? Ils demanderont sûrement dans les 3 ans d’expérience. Bien sûr il y a une limite et il faut prendre en compte le secteur.  Je me dis donc que je n’accepterai pas d’emploi en dessous de 2 millions de pesos (environ 600€). C’est bas mais ça reste ambitieux pour un premier job en Colombie.

Pour une raison que j’ignore totalement, les deux grands sites de recherche d’emploi en Colombie ne m’ont pas servi une seule fois : Elempleo et Computrabajo. J’avais fait un super profil, actualisé régulièrement et je postulais à de nombreuses offres (sûrement des centaines au fil des mois). Résultat : nada. Rien de rien, pas même un appel, pas un début d’espoir de processus de sélection. Alors que j’avais bien mis en avant posséder un visa me permettant de travailler. J’ai même écrit directement aux sites en question, réponse évasive sur le fait qu’il faut bien compléter le profil et actualiser.

Ma théorie c’est que sur ces sites, les candidatures ne sont pas personnalisées. Comme en France notamment avec des lettres de motivation. Du coup le recruteur fait sa sélection en éliminant tout ce qui ne rentre pas dans ses conditions. Un français ? Bah, de la paperasse pour le visa, on ne prend pas. Et fin de l’histoire.

Le parcours du combattant

Pour répondre à la question fatidique, j’ai mis 7-8 mois à trouver un emploi. A des années-lumière des un ou deux mois que je pensais passer avant de partir.

Alors oui, j’ai galéré. Beaucoup, beaucoup de faux espoirs, d’attente et de déceptions. Ceux qui cherchent du travail doivent le savoir et s’y préparer.

J’ai dû faire une dizaine d’entretiens, envoyer plusieurs centaines de candidatures et ai fait quelques Skype.

Il existe une multitude de sites d’offres d’emploi, que je connais désormais par cœur. Certains plus axés pour les étrangers que d’autres. Mais je ne m’y suis pas limité, j’ai également envoyé un très grand nombre de candidatures spontanées.

Il y a également un très grand manque d’efficacité dans leurs méthodes de recrutement, voire un manque de logique. Souvent ils font passer tout un processus pour finalement engager quelqu’un en interne, annuler le recrutement ou bien le reporter. Et je ne parle pas que de moi, j’ai eu plusieurs retours d’autres personnes. C’est extrêmement exaspérant, surtout que ce n’est absolument pas efficient : ils gaspillent leur temps et le nôtre.

Les fois où je suis allé jusqu’à l’entretien, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’en ressortir extrêmement enthousiaste. On allait me faire rencontrer différentes personnes, j’avais un autre rendez-vous de prévu etc. Et on m’assurait plein de bonnes choses. Et par la suite, plus de nouvelles, silence radio.

Mon pire ennemi pendant cette période a été les faux espoirs. Gardez-vous de vous réjouir si vous n’avez pas un contrat signé dans les mains. Ce sera mon meilleur conseil.

Réponse aux questions:

Souvent on m’a dit, pourquoi tu ne fais pas de l’intérim ou des petits jobs ? Bon l’intérim il n’y en a pas, cependant il est possible de trouver des petits jobs. Mais il faut être prêt à être rémunéré très bas pour beaucoup de travail. Je préfère donc rester chez moi et chercher un emploi à plus forte valeur ajoutée.

On m’a également dit, devient nomade digital, fait du freelance ! Bah oui mais non. Il faut un visa pour rester sur le territoire colombien. Pour les plus entrepreneurs d’entre vous, vous pouvez tenter l’aventure de la création d’entreprise pour vous octroyer votre propre visa. Suerte !

Lire aussi : Travailler en Colombie comme indépendant.

Ouai mais c’est juste que t’es nul, tu ne crois pas ? Il y en a qui doivent se dire que j’ai autant galéré parce que je devais surement mal me présenter ou ne pas être si bon dans mes lettres de motivation ou en entretien. Sachez que jusque-là, j’ai eu tous mes stages et alternances sans problème. J’ai toujours été plutôt doué en entretien. Quant à mes lettres de motivation et CV, je les travaillais beaucoup. Ma copine colombienne s’assurait de l’orthographe et de la formulation. Je n’étais pas le meilleur mais j’étais à fond.

Pour le contrat V.I.E.

A côté de tout cela je vérifiais régulièrement les offres pour les V.I.E. sur civiweb. Autant vous prévenir, si vous n’avez jamais vécu en Colombie et que l’offre n’est pas dans un secteur/ une fonction que vous connaissez, laissez tomber.

La concurrence est rude et des personnes plus qualifiées répondront à l’annonce. A moins que vous ne travailliez dans l’informatique. Il semble qu’il n’y ait pas le moindre candidat, une opportunité pour vous dans ce cas.

J’ai fini, au troisième processus d’embauche dans le cadre d’un VIE, par être pris. C’est pour cela que j’écris ces lignes. Ma recherche d’emploi est finie.

La conclusion de ma recherche.

C’est pour moi une victoire en demi-teinte. J’ai eu ce que je voulais par-dessus tout, le contrat VIE. Cependant c’est également mon échec à décrocher un contrat en local.

Je connais des personnes qui ont réussi, je pense donc qu’il vous faudra trois choses pour y arriver :

  • Privilégier le relationnel. Faites-vous des contacts, rencontrez le plus de personnes possible. Colombiens ou expatriés, chaque personne est une aide potentielle, quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a peut-être besoin de vous. Je pense que ce vecteur-là est 100 fois plus efficace que de postuler à des offres.
  • Avoir de la chance. Vous arrivez juste au moment où il faut une compétence que vous possédez et il y a une ouverture de poste. Parfois le coup de bol, c’est gagné. La chance se provoque c’est sûr. Candidature spontanée, réponse à des offres, relances, etc. Mais parfois certains ont la chance d’être au bon endroit au bon moment et c’est tout.
  • Ayez une vie ! Chercher du travail est important, mais vous êtes en Colombie quand même ! Ce serait dommage de l’oublier, de ne pas en profiter. Et il faut penser à répartir votre temps. Chercher du boulot 8h par jour non-stop est pour moi le meilleur moyen de faire une dépression.

Je suis pour ma part très heureux désormais. J’ai pu trouver un emploi que j’ai commencé il y a quelques mois maintenant et que j’adore.  Mes efforts ont finis par payer. Je fais quelque chose de stimulant, de nouveau et j’ai hâte de continuer dans cette voie.  Alors persistez et vous aurez ce que vous souhaitez également !

J’espère que certains d’entre vous y trouveront des conseils et une aide pour leur recherche future. Si vous avez des questions n’hésitez pas à me contacter sur la page Facebook el franchute. Je vous souhaite bonne chance dans votre recherche ! Ten fe (ais la foi !) comme disent les Colombiens ! A bientôt

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