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Caractéristiques de la recherche de travail en Colombie

Cet article représente une partie d’un plus vaste projet réalisé afin de couvrir tout le thème du travail en Colombie. Je partage ici mon expérience, vous pourrez avoir celle de Doniphane du blog Colombianito et enfin celle de Sébastien du blog VivreEnColombie. Chacun de nous aborde un aspect différent du vaste sujet de l’emploi en Colombie.

Dans le cadre de ce projet, ils ont pu commenter mon article (voir à la fin de celui-ci) et j’ai également commenté le leur. Bonne lecture !

Je ne vais pas vous donner de piste sur comment trouver un job en Colombie, vous pourrez trouver cette information dans de nombreux autres blogs sur la toile. Je vais plutôt vous parler de mon retour d’expérience en tant que chercheur d’emploi en Colombie ainsi que celui de mon entourage, Colombien ou étranger. En effet il faut bien comprendre que la culture de chaque pays est différente. Cela affecte les relations qu’on a avec les autres, dans la vie quotidienne et donc dans la quête d’un emploi. La Colombie n’est pas une exception et c’est pourquoi on peut être confronté à des situations parfois étranges en tant que Français.

  • L’absence de vie privée :

Vous pourrez noter lors de l’entretien des questions quelque peu différentes que celles dont on a l’habitude de vous poser en France. En effet, en Colombie, lors des entretiens d’embauche, il sera normal de vous poser des questions personnelles. On vous demandera par exemple quel type de personne sont vos parents, que font-ils dans la vie. Votre vie familiale est en effet un point-clef pour le Colombien. Ainsi on cherchera également à savoir si vous avez un(e) « novio(a) » ou si vous êtes mariés.  Ils peuvent poser des questions sur vos amis et l’ensemble de vos relations.

Cela peut paraître choquant pour un expatrié. En effet c’est du ressort de la vie privée, cela ne les regarde pas. Vos parents font leurs vies et vous la vôtre. Cela ne devrait pas affecter votre qualité à être embauché sur un poste. Cependant les Colombiens ne voient pas la chose ainsi. En Colombie la famille à une valeur extrêmement importante. Qui est votre famille, que font-ils et quelles sont vos relations avec eux sont pour eux des éléments essentiels pour répondre à la question ; qui êtes-vous ? La famille a une part tellement importante que si vous ne connaissez pas l’entourage familial d’une personne vous ne la connaissez pas vraiment. En tant qu’européen indépendant de sa famille depuis ses 18 ans, il n’est pas toujours facile de comprendre cela. Non pas que la famille ait moins de valeur en France mais sa place est différente.

Cela peut donc s’apparenter à une absence de considération pour votre vie privée mais il faut se rappeler que c’est avant tout une culture différente et un choc culturel que vous pouvez être en train de vivre. De plus si vous cherchez un emploi vous n’aurez pas le choix, il faudra vous plier à ce questionnaire.

  • Des tests lors des phases d’entretiens

Il faut savoir qu’il y a souvent de nombreuses phases d’entretien en Colombie. Cela peut aller jusqu’à quatre voir plus parfois. En effet vous pouvez avoir par exemple l’entretien initial avec le « jefe ». Puis une phase de test, puis l’entretien avec l’équipe avec laquelle vous travaillerez, et voir plus suivant le nombre de chef direct et indirect que vous pouvez avoir.

La phase de test n’est pas aussi courante en France. Cela peu donc étonné mais cela fait partie du panel de vérification qu’effectue l’entreprise pour s’assurer que vous êtes compétent. Ce sera en général des études de cas propre à votre domaine ainsi que des tests de langues étrangères. Encore une fois, cela peut varier suivant le secteur.  Pour exemple, ma copine travaille en événementiel et on lui a demandé comment elle résoudrait des problèmes de conflits avec des clients lors d’un événement. Pour ma part qui recherche en finance on m’a envoyé des séries de calculs statistiques à effectuer.

  • Un manque de fiabilité

Ce que je vais vous dire dans cette section ne s’applique bien évidemment pas à tout le monde. Il s’agit de quelque chose que j’ai pu observer et qui n’est pas une généralité à appliquer à tous les Colombiens.

Je parle de manque de fiabilité car les Colombiens ont tendance à disparaître quand il s’agit de donner une réponse négative.  Dans mon cas il m’est arrivé plusieurs fois de recevoir des emails de gens intéressés par mon profil. Ils posent des questions, parlent d’un entretien et puis plus de nouvelles, silence radio. Pour une raison x ou y mon profil ne les intéressaient plus mais ils préfèrent ne rien dire que de me communiquer ce fait. De même ma petite amie a plusieurs fois eu des entretiens sans suite. Qu’on ne réponde pas à un CV qui ne nous intéresse pas est pour moi compréhensible. Mais faire venir quelqu’un jusqu’à la phase d’entretien, ne pas le sélectionner et ne rien lui dire me paraît déplacé. Il se trouve que même à ce stade de l’embauche ils ne font pas part de leur refus.

Il m’est également arrivé de voir quelqu’un passer plus de quatre entretiens pour un poste et de ne plus recevoir de nouvelles. Au bout d’un moment cette personne les a appelé. Ils lui on dit qu’il avait finalement gelé les embauches.  Il n’aurait donc jamais reçu la nouvelle s’il ne les avait pas appelé. C’est pour ce genre de raison que je parle d’un manque de fiabilité. Rien ne vous est garanti jusqu’au moment où le contrat est signé et je pense qu’il est important de garder cela à l’esprit. Je suis passé par de nombreux faux espoirs avant de le comprendre.

  • Des méthodes un peu anciennes

Je veux notamment parler de Skype. On conseillera rarement de chercher un boulot dans une ville de Colombie sans y être physiquement. Il semble en effet que les Colombiens soient encore un peu ancrés dans l’entretien physique, et refuse les personnes ne pouvant être là en personne. Disons que l’entretien physique est le « conventionnel » ici en Colombie. Je pense cependant que pour les postes à responsabilité, cette constatation ne s’applique pas.  Avec les grosses entreprises internationales non plus. Il existe bien sur des exceptions mais le plus probable est que si vous ne pouvez pas vous rendre à l’entretien, le Skype ne soit pas une option.

  • Appeler les anciens employeurs

C’est une pratique courante en Colombie que d’avoir une section dans son CV « referencias laborales» comme indiqué dans cet article.Ils y indiquent les noms et numéros de téléphone de chacun de leurs précédents employeurs. Ceci sera demandé si ce n’est pas indiqué. Une fois que vous passez un stade dans le processus de recrutement, ils appelleront systématiquement vos anciens patrons. C’est une vérification courante ici. Dans le cas d’étrangers je ne suis pas sûr qu’ils prennent cette peine. Cependant avoir une lettre de recommandation pourra toujours vous aider à débloquer cette situation.

  • Avoir un visa

J’aimerais enfin rappeler que trouver un emploi en Colombie sans visa est difficile. Pas impossible, je connais des gens qui y sont parvenus, mais difficile. J’ai pour ma part choisi de prendre un visa PVT (j’explique ici comment je l’ai obtenu). Cela me permet de travailler et de rester un an sur le territoire Colombien. Cela consiste un argument de poids lors de ma recherche d’emploi. Ne pas avoir de visa représente des démarches et un coût pour l’entreprise qu’ils préféreront éviter. Ce sera parfois à vous de payer ce visa.

Plus d’infos sur les visas en Colombie : Visa travail M

Certaines entreprises peuvent demander vos diplômes ainsi qu’une équivalence Colombienne. C’est un processus que vous pouvez préparer à l’avance car assez long. Cependant ce n’est demandé que rarement aussi au vu du compliqué de la tâche je vous invite à ne le faire que si nécessaire. Vous trouverez plus d’informations ici : convalidar diplomas.

L’avis de Doniphane (Colombianito)

En lisant l’article de Victor je redécouvre des aspects du monde du travail colombien que j’avais oubliés. Notamment les questions plus ou moins déplacées que pourrait vous faire un chargé des ressources humaines ou le patron d’une entreprise avant de vous proposer un contrat de travail. On en arrive vite à vous demander votre situation familiale, l’état de vos relations avec vos parents ou même à vous interroger sur vos penchants sexuels. Certains employeurs se permettent même d’exiger un test de grossesse ou un test sanguin pour s’assurer que vous ne leur réservez pas de surprises (pratique théoriquement illégale en ce qui concerne le test VIH).

De nombreuses entreprises colombiennes font d’ailleurs appelle à un psychologue pour intervenir dans le processus de sélection des candidats. Attendez-vous à devoir répondre à des tests de plus de 200 questions sans pour autant être certain de décrocher un emploi. C’est parfois d’ailleurs un peu compliqué car certaines questions sont pointues. Ainsi le niveau d’espagnol d’un expatrié ne suffit pas toujours à bien en percevoir les nuances.

D’autres entreprises n’hésitent pas non plus à convoquer un grand nombre de candidats pour démontrer à des auditeurs externes que leur processus de recrutement est élaboré (expérience vécue). Un candidat ayant été bien sûr pré-recruté en amont pour des raisons de préférences personnelles ou familiales.

Comme le dit très bien Victor, les colombiens n’aiment pas annoncer une réponse négative à un candidat. C’est quelque chose de très caractéristique de la culture colombienne : les colombiens sont certainement trop courtois et fuient les conflits.

Ecouter le podcast : les colombiens ne savent pas dire non

Dans tous les cas cela vaut grandement la peine de tenter l’aventure et de chercher un emploi en Colombie. N’hésitez pas à vous inspirer des conseils de Victor, de ceux de Sebastien ou des miens pour mettre toutes les chances de votre côté.

Lire mon article sur le même thème : trouver du travail en Colombie

Merci encore à toi Victor pour ce partage d’expériences et d’articles. ¡HastaPronto!

L’avis de Sebastien (VivreEnColombie)

Le marché de l’emploi et l’expérience de Victor reflète très bien les particularités de la Colombie et son histoire. Les couches sociales sont très marquées et les colombiens les évaluent facilement. Le quartier où ils grandissent, celui où ils vivent actuellement, les écoles qu’ils ont fréquenté, les premiers emplois disent beaucoup sur le niveau social de la personne. Ajoutez à cela, les problèmes de violence, sécurité et délinquance et vous vous trouvez face à des recruteurs qui ont zéro confiance. Leur difficile tâche est de devoir de trouver le candidat qui ne posera pas de problème, sera ponctuel, cherchera à faire carrière au lieu de disparaître du jour au lendemain. Pour y arriver, ils ne se gênent donc pas de poser des questions dont nous ne sommes pas habitués.

On pourrait penser qu’en tant qu’étranger le recruteur n’aurait pas besoin de poser toutes ces questions, mais en fait la tâche est la même. Il n’aura pas plus confiance avec un étranger parce que les risques qu’il s’en aille ou n’offre pas satisfaction est tout aussi grande. Le recruteur va chercher à savoir les motivations pour travailler et vivre en Colombie. Pour un conjoint ou un parent colombien ? Est-ce à long termes ou seulement quelques mois avant de reprendre la route ? Est-ce qu’il repartira dans son pays au moindre coup dur ? Bref, le recruteur va chercher à évaluer la situation de toutes les manières qu’il peut.

Comme bien souvent en Colombie, il faut s’armer de patience et offrir son meilleur visage.

Lire mon article sur le même thème : être freelance en Colombie.

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